Accession à l’indépendance

Les axes principaux de

l’Union Nationale pour l’Indépendance

Ils vivifieront l’engagement et l’investissement des responsables, des militants et sympathisants d’UNI fin 2017, durant l’année 2018 pour préparer la consultation référendaire sur l’accès du pays à la pleine souveraineté.

L’accès à l’indépendance : un parcours historique


C’est d’abord l’histoire de la lutte d’un peuple colonisé, le peuple Kanak pour sa reconnaissance qui, malgré les souffrances, a privilégié le dialogue. C’est le droit d’un peuple à recouvrer sa souveraineté et, au-delà, sa propre dignité. Un droit conquis et reconnu dans le droit français et le droit international.

C’est une responsabilité assumée par plusieurs générations depuis un demi-siècle pour être acteur de leur avenir

et s’affranchir du système colonial.

C’est l’histoire d’une lutte contre un système d’oppression systématique où la négation de l’autre en tant que citoyen était institutionnalisée. Une lutte que le peuple kanak a menée d’abord pour lui-même, pour retrouver sa juste place, puis qu’il a ensuite œuvré pour qu’elle soit étendue à tous les enfants de ce pays. Cette lutte est désormais collective.

C’est l’aboutissement d’un combat politique historique et permanent en faveur de l’émancipation politique du peuple colonisé et du pays Kanak. La loi Cadre Deferre l’avait initié en 1956 avec la mise en place d’un gouvernement local. Le référendum de 1958 adoptant le statut de TOM (territoire d’Outre-Mer) a mis un terme au processus initié par la Loi Cadre et à l’idée politique d’autonomie. Vint ensuite la naissance du mouvement pour l’indépendance dans la décennie 1970 qui va cliver le pays jusqu’à aujourd’hui. Les accords de Nainvilles les Roches en 1983 ouvrent une nouvelle phase, les Kanak et les Victimes de l’histoire sont associés dans la discussion avec l’État sur l’avenir institutionnel. Les évènements de 1984 et de 1988 ainsi que l’inscription de la NC sur la liste des pays à décoloniser de l’ONU en 1987 donnent une dimension supplémentaire au processus d’émancipation. L’ère des accords de Matignon/Oudinot en 1988 et l’Accord de Nouméa fixent un nouveau challenge au pays, celui d’appeler à la construction d’un nouveau pays, d’une nation, un nouveau contrat social interne dans le cadre d’une communauté de destin. Le statut du pays ne sera plus imposé de Paris, mais négocié avec le FLNKS et les Loyalistes.  Ainsi, au référendum d’autodétermination prévu en fin 2018, la NC sera dans une situation de quasi-indépendance. Seules les compétences de pleine souveraineté, les compétences régaliennes sont encore aux mains de l’État français.

Les institutions du pays sont solides. Les responsables s’y sont aguerris y compris dans l’exercice des compétences partagées avec l’Etat. Plusieurs générations de calédoniens se sont formées. KNC dispose d’un socle juridique de lois propre auquel est adossée l’action des pouvoirs publics et les citoyens. L’économie et les infrastructures se sont développées grâce au rééquilibrage, notion née des accords de 1988 confirmée en 1998, afin de combler les inégalités de territoires. KNC a développé ses relations avec la région Pacifique. L’émancipation progressive du pays, malgré des liens de dépendance encore d’actualité, offre de véritables perspectives alternatives aux modèles de développements français et Européens qui montrent aujourd’hui leurs faiblesses et leurs limites.

Le sentiment d’appartenance au pays s’est consolidé durant les 20e et 21e, en même temps que la globalisation à outrance oblige à la redéfinition des relations internationales. Le concept d’interdépendances économiques, diplomatiques et culturelles est devenu la norme dans la gouvernance des affaires internationales. Néanmoins, en décrétant la décennie 2011 – 2020 « Décennie de l’éradication du colonialisme » l’ONU pose le colonialisme comme un des obstacles à l’émancipation des peuples. L’exercice de la pleine souveraineté est par conséquent le challenge qu’il faut considérer pour ouvrir de nouvelles perspectives y compris dans la définition d’une relation nouvelle avec la France.

L’Accord de Nouméa est un accord de décolonisation pour la pleine souveraineté


La consultation de 2018 est une réalité que certains veulent ignorer ou contester. KNC devait préparer cette échéance qui ne peut être une surprise pour quiconque. Ceux qui la remettent en question sont les mêmes qui contrecarrent en permanence ce processus mis en place par des accords approuvé par 72 % des calédoniens en 1998.

L’ADN dit en son point 5, sur l’évolution de l’organisation politique de la Nouvelle-Calédonie  que « La consultation portera sur le transfert à la Nouvelle-Calédonie des compétences régaliennes, l’accès à un statut international de pleine responsabilité et l’organisation de la citoyenneté en nationalité ». Cette disposition ne saurait être, ni diluée, ni reportée, ni remplacée. Elle est incontournable.

Certains espéraient que la lutte indépendantiste serait bradée sur l’autel du profit et du confort tirés du développement économique et du partage des pouvoirs. D’autres ont voulu réduire la question de la consultation à une simple équation mathématique électorale où la finalité du résultat prévaudrait sur le besoin identitaire de créer une «  nation » dans le Pacifique. En effet, l’accession à la pleine souveraineté est un choix historique, un choix d’avenir et un choix de société !

L’État français a fini par en convenir puisque tous les Présidents de la République ont toujours soutenu la volonté d’accompagner le pays quel que soit le choix des calédoniens et les travaux effectués avec les experts de l’État ont permis de mieux circonscrire les enjeux et les défis de l’accès à la pleine souveraineté.

Attendons-nous que l’État prenne la décision pour nous ? Non, cette décision appartient au peuple calédonien. Mais, le Président de la République et son gouvernement sont les garants de la souveraineté établie depuis la prise de possession du pays en 1853. Ils doivent prendre leurs responsabilités par rapport à l’Histoire en intégrant que la discussion sur un maintien du pays au sein de la République Française n’est plus à l’ordre du jour. L’État doit donc soutenir la décision de faire accéder ce pays à la pleine souveraineté pour aider les citoyens calédoniens à la prendre au référendum de 2018.

Voter OUI, c’est promouvoir le projet de création d’une Nation Indépendante dans le Pacifique Sud à partir de 2018.


Cinq grands défis constituent l’enjeu pour lequel il faut s’investir individuellement et collectivement afin de fonder un nouveau contrat social interne et d’avenir entre les différentes composantes de la population du pays.

Le 1er défi est de donner une identité à la nouvelle Nation.

Elle s’appellera KANAKY-Nouvelle Calédonie – Son emblème sera le drapeau de KANAKY – Son hymne sera l’hymne « Soyons Unis, devenons frères »- Sa devise sera la « Terre de parole, terre de partage ».

Le 2eme défi est le vivre ensemble à promouvoir à travers :

Une nation pluriculturelle qui s’appuie sur l’identité de son peuple 1er et sur les autres identités ; Une société respectueuse et garante des droits de chacun et de l’intérêt général ; Une Nation qui respecte le droit international, fruit des luttes des peuples ; Une nation ouverte dont l’accès à la Nationalité reposera sur deux piliers : le droit du sang et le droit du sol.

Le 3ème défi est la démocratie.

KNC a construit son système institutionnel propre depuis 1984 et une vie démocratique ou l’État de droit est soutenu comme un facteur de progrès social. Ses fondements seront consolidés dans KNC autour des principes suivants :

  • La participation active des citoyens à la vie de la Nation dans le respect des identités
  • Un équilibre entre les pouvoirs dans un système qui intègre des contre-pouvoirs et l’indépendance des différents pouvoirs : Exécutif, législatif, judiciaire/ Coutume, religion et collectivité / économie et politique etc.
  • Un régime de type parlementaire avec deux chambres dont une représentante des communautés
  • Un système décentralisé avec trois provinces et des communes.
  • Le multipartisme
  • Le droit de vote obligatoire

Le 4ème défi est la gestion et l’exercice de la pleine souveraineté.

Conscient de la petitesse du pays et du niveau des compétences humaines, conscient de la nécessité d’assumer pleinement la souveraineté, KNC mettra en place à partir de l’existant :

  • Une justice, une défense et une police propre. Une diplomatie pour assumer le statut d’État membre de l’ONU et la politique étrangère.
  • Une monnaie dont il faudra définir les modalités pour soutenir l’économie
  • Un cadre définissant des accords de coopération ou de partenariat à établir avec la France ou les pays de la Région pour former les cadres, gérer les exigences d’impartialité et de transparence d’un État de droit, du droit au respect, développer la coopération avec la région.

Le 5ème défi est la réforme du modèle calédonien.

Ce défi est déjà entre les mains des calédoniens puisque c’est ce dont le pays et ses institutions ont déjà la charge. Mais il faut être conscients des questions qu’il faut continuer à traiter en tant que pays indépendant pour répondre aux besoins des populations : La santé de la population – L’éducation et la formation de la jeunesse – La compétitivité de l’économie – Le système de protection sociale – Le système foncier – Le système fiscal – Le système de transport.


Tout au long de ces 14 mois qui restent avant la consultation référendaire de 2018, UNI présentera et explicitera ces défis avec la plus grande acuité politique.