L’Union Nationale pour l’Indépendance vous appelle à voter “OUI” et écrire ensemble notre histoire, le 4 novembre 2018

Citoyennes et Citoyens de Kanaky Nouvelle Calédonie

Le dimanche 4 novembre 2018, nous allons voter pour l’accession de notre pays à la pleine souveraineté. Ce moment est important pour chacun d’entre nous, nos familles et notre pays. Nous l’attendons depuis le vote effectué par nos pères et nos mères en 1958 pour adopter la constitution de la France. Nous l’avons aussi voulu en approuvant L’ADN en 1998.

Cette histoire, nous la connaissons.

Elle est enracinée dans la douleur en chacun de nous depuis trop longtemps. Nous avons réussi à nous en affranchir depuis les accords de Matignon/Oudinot de 1988.

Nous avons tenu le pari de donner une identité à notre pays, pour qu’il s’émancipe, pour qu’il se construise en interne et par rapport à la France, pour qu’il reformule ses propres références historiques, identitaires. C’est au point que nous sommes aujourd’hui un cas unique dans l’histoire coloniale française.

 

Nous sommes au bout de ce chemin.

Beaucoup de nos concitoyens s’interrogent légitimement sur l’avenir, leur appréhension est naturelle et nous la comprenons. Le moindre mal pour beaucoup c’est de voter NON. Nous disons attention,  cela ne va rien changer. Au contraire, nous allons nous enliser davantage. Nous demandons donc de voter massivement Oui. Il faut sortir le pays par le haut du débat sur l’indépendance. Ce débat a été utile pour le pays depuis 40 ans. Désormais, il obstrue l’horizon, cultive la peur, neutralise les initiatives, les améliorations, les opportunités nouvelles.

Nous vous proposons donc de poursuivre définitivement dans la paix ce parcours sur des bases renouvelées.

  • En effet, l’histoire et les fondements profonds de la revendication et du combat politique du peuple kanak pour sa liberté et sa dignité ne saurait s’accomplir pleinement et définitivement au sein de la constitution de la France. De même, la réappropriation par les autres communautés de leurs histoires et de leurs identités pour se reconstruire ici est irréversible. Ces problématiques humaines irriguent de leur pluri culturalité la vie de notre société. Elles ne peuvent avoir comme exutoire que dans une nouvelle Nation.

Sur un plan statutaire,

  • l’inscription de l’Accord de Nouméa au titre XIII de la constitution de la France, fait de la NC une exception constitutionnelle avec un régime dérogatoire, transitoire. La prochaine étape prévue c’est l’accès à la pleine souveraineté car nous avons éprouvé toutes les possibilités de la Veme République. Si le statu quo perdure, la question de l’indépendance va continuer de se poser car la dignité et la liberté ne se monnaye pas, c’est un droit fondamental de l’homme. L’instabilité institutionnelle et politique entretenue va continuer de saper la confiance de nos forces vives

• Et puis, nous travaillons ensemble

  • depuis longtemps pour nous assumer, exercer et administrer l’ensemble des compétences de gestion du pays. Il nous reste les compétences régaliennes,

• De même, nous avons créée à force de conviction un système institutionnel sans équivalent ailleurs.

  • Il nous oblige à partager et rechercher le consensus dans la conduite des affaires du pays. Comment prétendre dans ces conditions que nous ne sommes pas encore prêts ? Nous avons grandi à l’épreuve de la foi qui attache chacun de nous à notre beau pays.

Enfin, la société calédonienne prend l’eau faute de réforme de notre modèle social.

  •  Il faut recentrer nos énergies sur nos richesses et nos besoins. Il faut réapprendre à avoir confiance et à compter sur nous-mêmes car c’est cela la dignité et la liberté.

Cher(e)s compatriotes, notre lien à la France doit impérativement changer. Le 1er ministre vient de nous dire que la France va nous aider à créer notre nouvelle Nation. L’opinion française aussi à 65 %. Au regard qui ne voit que l’effort financier de la France et qui a peur, substituons un regard du cœur qui lie les enfants de ce pays, les uns aux autres. Faisons le pari d’un nouveau contrat social entre nous calédoniens dans le cadre d’une nation solidaire, unie et pluriculturelle.

 

Ce moment est important pour chacun d’entre nous, nos familles et notre pays.

Le 4 novembre, je vous demande au nom de l’Union Nationale pour l’Indépendance de voter OUI avec nous.