Rétros

Les législatives 2017 : l’Indépendance est un projet qui peut et doit mobiliser pour rassembler le peuple calédonien.

Les résultats globaux ont été largement commentés. Dans la perspective du référendum de 2018, on constate que les indépendantistes l’emportent sur la totalité des 29 sur 33  communes du pays, seules  les 4 communes du Grand Nouméa votent majoritairement à droite en raison de son poids démographique. Lorsqu’on examine les votes dans la 2ème circonscription, les 16 communes indépendantistes (dirigées par un exécutif indépendantiste) votent à 80 % indépendantiste et 20 % loyaliste. Cette répartition est de 75 % pour les loyalistes contre 25 % au sein des communes non-indépendantistes On note par ailleurs que le taux de participation au sein des communes loyalistes est  plus élevé que dans des communes indépendantistes. Ces deux indicateurs de répartition géographique et de participation confirment plusieurs choses. Il existe une forte marge de progression en faveur de l’indépendance au vu de l’abstention très forte au sein des communes indépendantistes et de l'intérêt pour le message indépendantiste observé parmi l'électorat loyaliste traditionnel hors Grand Nouméa et dans les communes loyalistes.

En prévision du référendum de 2018, le mouvement pour l'indépendance doit durant les 15 mois avant le scrutin, Consolider au sein des communes indépendantistes et Convaincre ailleurs.

Les enseignements politiques de ces législatives sont multiples.

C’est le premier scrutin dont le débat porte résolument sur l'indépendance. Il existe une forte attente de la population vis-à-vis des politiques.  La peur de l'indépendance même si elle est sciemment entretenue par les Nantis  est un sentiment réel et légitime. Elle tient à des aprioris vis-à-vis de l’autre, différent, au relatif confort procuré par le système actuel que chacun se plaît par ailleurs à critiquer pour ses insuffisances à répondre aux maux de la société calédonienne d’aujourd’hui. Elle tient aussi au fait que le mouvement indépendantiste commence à peine d’expliciter le contenu du projet d’accession à l’indépendance.

Derrière la célèbre et légitime reproche « on ne vous voit qu’aux élections » il y a une quête de paroles rassurantes sur l’avenir des efforts que chaque calédonien fait tous les jours pour vivre, pour le vivre ensemble et surtout sur la pérennité de ce qu’il entreprend. Quelle place pour chacun, quel devenir pour le foncier, comment financer le pays sans ou avec la France, quel risque de dépendance vis avis de pays étrangers, comment gérer les compétences sans cadres calédoniens etc. ? Autant de questions sensées auxquelles UNI a répondu succinctement durant la campagne législatives et auxquelles le FLNKS continue de travailler. Elles enseignent qu’il faut à la fois expliquer comment le nouvel État de KANAKY NC va fonctionner globalement et répondre aussi à la préoccupation légitime et très personnalisée à l’échelle de l’individu, de la famille, du clan, de la tribu, du quartier, du propriétaire, de l’entrepreneur etc.

Il faut aussi sans cesse expliquer en quoi le système institutionnel actuel et le processus de décolonisation qui le met en œuvre depuis 1988 préparent l'indépendance. Réexpliquer en quoi la NC gère pratiquement la quasi-totalité des compétences qui régissent la vie des calédoniens. Il faut redire que beaucoup des difficultés actuelles incombent déjà à la responsabilité des calédoniens et que si les réformes nécessaires pour débloquer le système actuel n’ont pas été faites c’est bien parce que la droite majoritaire dans les institutions bloque tout et a voulu en profiter au maximum.

Mais, le modèle a atteint ses limites. Les solutions qui consistent à tout mettre sur le dos de l'indépendance où à compter sur la mère patrie ne peuvent plus suffire et ne sont plus responsables. Au contraire, l’accession à la pleine souveraineté que le mouvement indépendantiste propose comme projet pour tous au-delà de 2018 est un appel à la responsabilité et à la dignité face à ceux qui veulent encore profiter du système actuel sans faire d’efforts.