LES RÉSOLUTIONS DU CONGRES EXTRAORDINAIRE DU PALIKA

Congrès extraordinaire du PALIKA à Tchamba (Ponerihouen) le 26.05.18 : Intervention de P. NEAOUTYINE« On a été traité de traîtres, nous les gens qui avons été au Comité des signataires. Qui a répondu à ça ? Moi je n’ai pas répondu puisque je suis sur la réserve.On continue de faire croire que l’unité est là. J’ai dit à Momea (AG du PALIKA le 7 avril 2018) que moi je ne ferai pas campagne avec les gens qui ont un pied dehors et un dedans avec nous pour dire qu’on est indépendantiste. Mais est-ce qu’on est pour l’indépendance ou on est juste indépendantiste pour avoir de l’électorat en pensant à l’après (référendum) ou demain dans l’indépendance ?Nous, on a commencé à analyser les luttes anticoloniales. Qu’est-ce qu’ils sont devenus le lendemain de l’indépendance ? Ils se sont substitués à certaines classes sociales, aux intérêts coloniaux, pour continuer à dominer [...] Le printemps arabe c’est quoi (quelle en a été la cause) ? C’est la bourgeoisie locale, féodale qui a pris le pouvoir à la sortie de l’indépendance et qui a exploité son propre peuple.Les porteurs de ça dans la lutte de libération ils sont où ? Ils sont peut être parmi nous et je ne l’espère pas au PALIKA ».

Publiée par CNJP sur Dimanche 27 mai 2018

Du 26 mai 2018 à la tribu de TCHAMBA, Commune de PONERIHOUEN

Le congrès extraordinaire du PALIKA tenu à la tribu de Tchamba à Ponérihouen le 26 mai 2018 a enregistré une forte mobilisation des militants et des responsables du parti. Plus de 300 personnes étaient présentes, avec de nombreux jeunes. Beaucoup d’anciens qui ont été à l’origine de la création du parti et de son implantation dans le pays ont fait les déplacements. Un moment émouvant dédié au souvenir leur a été accordé lors du congrès pour témoigner de l’histoire du parti à 5 mois d’un scrutin permettant enfin au peuple kanak d’exercer son droit à l’autodétermination et à l’indépendance, objectif politique qui fut au cœur de la création du parti et de son évolution.

1. RESOLUTION SUR L’ETAT DES DISCUSSIONS SUR L’AVENIR ET L’ISSUE DE L’ACCORD DE NOUMEA

Le congrès extraordinaire prend acte que les initiatives prises par les responsables du parti dans ce sens, notamment lors des premières séances du groupe de travail « Sur le chemin de  l’avenir », se sont heurtées à une fin de non-recevoir de la part de la droite car les partis loyalistes refusent toute discussion sur ce sujet avant le référendum, discussions qu’ils n’envisagent qu’après sa tenue. Le congrès extraordinaire acte ainsi qu’à ce stade, la possibilité de trouver avant le référendum une solution de sortie du processus par le haut par des discussions et des négociations sur l’option d’une indépendance en partenariat avec la France proposée par les experts est une issue aujourd’hui volontairement fermée par la droite.

Sur la base des rapports effectués par les responsables du parti engagés dans les différents groupes de travail décidés au dernier Comité des signataires pour préparer la consultation du 4 novembre 2018, le congrès extraordinaire a enregistré et déploré le caractère inconsistant et superficiel de l’engagement de certains dirigeants loyalistes et leurs groupes politiques dans les travaux desdits groupes de travail, et dénoncé leurs positions de blocage systématique sur la plupart des sujets comme le transfert des compétences de l’article 27 mais aussi et surtout la recherche d’une solution de sortie par le haut du processus de décolonisation engagé par l’Accord de Nouméa.

Le congrès extraordinaire constate toutefois que malgré les difficultés intervenues dans les travaux relatifs à l’élaboration d’une Charte des valeurs calédoniennes, le groupe de travail « Sur le Chemin de l’avenir » poursuit ses travaux. Des « Propositions de valeurs calédoniennes partagées » sont aujourd’hui diffusées et mise à la disposition des citoyens calédoniens pour une consultation en vue de leur enrichissement.

 

 

• Le PALIKA réaffirme son engagement dans l’Accord de Nouméa…

Le congrès extraordinaire du PALIKA demande aux responsables du parti de poursuivre l’engagement du parti dans les travaux du groupe « Sur le chemin de l’avenir » qui doit encore se pencher sur les thématiques des compétences transférées et à transférer, du bilan de l’Accord de Nouméa et de la place de la Nouvelle-Calédonie dans la région et dans le monde.

En effet, le congrès extraordinaire :

  • Réaffirme que l’Accord de Nouméa est un accord de décolonisation négocié qui a vocation à aller jusqu’à son terme ;
  • Confirme que le PALIKA reste engagé pour toute la durée du processus jusqu’en 2022 et dans le respect de cet Accord tel qu’il a été négocié et signé en 1998. Il rappelle notamment que cet Accord ne prévoit que quatre mandatures jusqu’en 2019.

Le congrès extraordinaire a tenu à rappeler à cet égard que c’est grâce à la revendication de dignité, de liberté et d’émancipation portée par le mouvement indépendantiste que toutes les avancées sociales, économiques et culturelles accomplies au sein de la société calédonienne depuis ces 40 dernières années ont pu être réalisées.

Force est de constater que toutes ces avancées mises en œuvre dans le cadre d’un développement impulsé durant toutes ces années sous le mot d’ordre du rééquilibrage ont procuré progrès et bien-être pour le peuple calédonien mais se sont accompagnées aussi de fortes inégalités.

Force est aussi de constater que l’étendue de la souveraineté maîtrisée par le pays a considérablement augmenté. Depuis tout ce temps en effet, la Nouvelle Calédonie a vu croître ses responsabilités avec les transferts de compétences et des moyens correspondants. Mais les réformes structurelles n’ont pas eu lieu à cause des tergiversations et des oppositions de la droite locale, si bien que le système actuel rencontre ses limites dans tous les domaines.

BILATÉRALE AVEC L’ÉTAT -Non, il n’y a aucune négociation derrière le dos des Calédoniens pour accéder à l’indépendance comme certains essayent de le faire croire. Non, l’organisation de la consultation et les résultats ne seront pas bafoués quoiqu’il arrive. L’Accord de Nouméa (ADN) reste notre feuille de route.Si le NON l’emporte, alors le statut quo demeurera conformément à l’ADN. Si par contre le OUI arrive majoritaire le 4 novembre prochain, le schéma institutionnel du nouvel Etat devra être mis en place.Nous proposons à cet égard de conclure un partenariat avec l’Etat français afin de nous accompagner dans notre émancipation et dans l’exercice des compétences régaliennes. Il est donc de notre responsabilité de savoir d’ores et déjà ce que l’Etat envisage de faire en cas de victoire du OUI et s’il est favorable à la conclusion d’un éventuel partenariat. Là est le sens de notre souhait de discuter en bilatérale avec l’Etat français dès aujourd’hui.

Publiée par CNJP sur Lundi 4 juin 2018

La date du référendum a été fixée par le congrès de la Nouvelle-Calédonie à partir d’un texte et d’un exposé des motifs adoptés par le groupe de travail.

Enfin, la question à poser au référendum a été arrêtée au dernier Comité des signataires du 27 mars 2018 sur les fondements prévus par l’Accord de Nouméa et défendus par les indépendantistes.

• Une nouvelle initiative vers l’Etat pour préparer le OUI…

Compte tenu du refus des partis de la droite locale de prendre leurs responsabilités, le congrès extraordinaire a demandé aux instances dirigeantes et aux responsables du parti de prendre des initiatives, notamment directement auprès de l’Etat, pour définir le processus politique de transition nécessaire pour la mise en place d‘une pleine souveraineté en partenariat avec la France.

Ces initiatives sont capitales car elles doivent permettre à la population intéressée de voter au référendum du 4 novembre 2018 en pleine connaissance des principes et conditions sur la base desquels la Nouvelle-Calédonie et l’Etat français poursuivront leurs relations dans le cas d’un vote majoritairement favorable à l’accession du pays à l’indépendance.

Elles sont capitales aussi car après avoir étudié les projets politiques portés par les partis politiques du camp loyaliste, le congrès extraordinaire réaffirme qu’aucun des projets ne répond à la quête de dignité, de liberté et d’émancipation portée par le peuple kanak en faveur des citoyens de la Nouvelle-Calédonie.

 

Le congrès extraordinaire a pris acte du positionnement politique exposé par le Président de la République et de la vision géopolitique qu’il a développée pour l’avenir de la Nouvelle- Calédonie et de la France.

Pour le PALIKA, cette vision géopolitique ne peut se concevoir de façon viable et durable que dans le cadre d’une nouvelle relation de partenariat à établir entre Kanaky-Nouvelle Calédonie et la France.

2. RESOLUTION SUR LA CAMPAGNE POUR LE OUI AU REFERENDUM DU 4 NOVEMBRE 2018

Le congrès extraordinaire a fait un état des lieux de l’organisation de la campagne électorale en faveur du OUI.

Il en ressort :

  • Que l’organisation de la campagne sous l’égide du FLNKS est en place dans pratiquement toutes les communes du pays ;
  • Que le PALIKA est pleinement engagé dans cette organisation, partout ;
  • Qu’un calendrier d’actions existe dans chaque commune ;
  • Que ces actions sont désormais inscrites dans une programmation des cinq prochains mois arrêtés par le FLNKS

• La victoire du OUI est possible…

Le congrès extraordinaire a pris connaissance des analyses présentées par le Bureau politique du parti sur le rapport de force électoral existant. Il affirme que contrairement aux sondages et aux prétentions de la droite, la victoire du OUI est possible.

Pour garantir cette issue, le congrès extraordinaire appelle à un sursaut du peuple kanak et des citoyens calédoniens en faveur du OUI. Considérant les enjeux de ce scrutin, le congrès extraordinaire considère que cette bataille sera rude.

Il demande que la campagne pour le OUI soit menée par le FLNKS dans la plus grande clarté politique afin de fonder la victoire sur des bases claires.

Il prend acte et ne peut que déplorer les positions attentistes et ambiguës de certains partis indépendantistes qui portent préjudice à l’aboutissement du combat pour l’indépendance de Kanaky-Nouvelle Calédonie. Il affirme que de telles attitudes et positionnements contribuent à renforcer le camp du NON à l’indépendance et appelle à la responsabilité et à la mobilisation de tous en faveur du OUI.

Il demande que la campagne pour le OUI soit menée par le FLNKS dans la plus grande clarté politique afin de fonder la victoire sur des bases claires.

La droite locale refuse aujourd’hui de discuter avec nous sur le projet de souveraineté avec partenariat que nous avons proposé.Nous suggérons donc d’aller discuter directement avec l’Etat pour définir le processus politique de transition nécessaire à la mise en place d’une pleine souveraineté avec partenariat avec la France, en cas de victoire du OUI le 4 novembre prochain.Cela permettra à la population de voter à la consultation en pleine connaissance des principes et conditions sur la base desquels le pays et la France poursuivront leurs relations en cas de victoire du OUI #KanakyNC #nationpluriculturelle

Publiée par CNJP sur Jeudi 31 mai 2018

• Il faudra aussi affronter la Droite nationale métropolitaine…

Le  congrès  extraordinaire  prend  acte  enfin  de  l’engagement  de  l’un  des  responsables importants d’un parti national dans la campagne en faveur du NON.

Dans le même sens, le congrès extraordinaire prend acte également du fait que malgré la déclaration de neutralité affirmée par le Président de la République dans le débat calédonien, des élus de la droite locale qui ont appelé à voter pour la candidate du Front National aux élections présidentielles accourent en renfort auprès du parti LREM du Président de la République en Nouvelle-Calédonie pour faire campagne contre l’indépendance. Sans projet pour la Nouvelle-Calédonie, la droite est fébrile. Le peuple Kanak et les citoyens de KNC vont devoir aussi mener combat contre les forces politiques nationales.

 Après les députés Manuel Valls et Christian Jacobs, les déclarations démagogiques du sénateur Bruno Retailleau viennent conclure définitivement de l’inutilité de la Mission d’information de l’Assemblée Nationale et du Groupe de contact du Sénat, du fait des prises de position de leurs membres en faveur du NON.

Le Bureau Politique du PALIKA

Comments

comments

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*