Présentation du congrès extraordinaire de TCHAMBA, PONERIHOUEN. « PA TÄBORÏ KANAKY » ASSEOIR KANAKY

Le OUI est par conséquent pour le PALIKA le vote d’avenir.

Le 42ème congrès de ARAMA du PALIKA avait demandé à ses responsables de prendre toutes les initiatives politiques pour préparer le pays à tourner une page de son histoire au référendum du 4 novembre 2018. Le congrès proposait des négociations sur la solution d’une indépendance en partenariat avec la France, de discuter des conditions d’organisation pour réussir le référendum et de travailler au sein du FLNKS pour organiser la mobilisation.

Ce congrès extraordinaire a été fixé spécialement pour mesurer les avancées politiques enregistrées depuis début 2018. Nous avons besoin en effet de jauger à la fois :
- La perception du projet d’indépendance depuis que nous en faisons la promotion dès 2017 auprès de la population calédonienne
- L’attitude de l’Etat dans la préparation et ses ambitions pour notre pays.
- La substance même du projet des loyalistes au regard de ce que nous portons et que nous proposons.

Le Référendum du 4 novembre 2018.

Notre peuple aura à répondre OUI ou NON à la question : « Voulez-vous que la NC accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ».

La campagne pour le OUI au Référendum a été lancée le 28 avril 2018 par le FLNKS lors de sa convention de La Foa. La structuration de cette campagne se met en place pour s’intensifier à partir du mois de juin 2018.
Les partis de droite ont chacun lancé leur campagne respective.

Le référendum du 4 novembre est un évènement important dans l’histoire de notre pays et de la lutte pour son accession à la pleine souveraineté et à l’indépendance de Kanaky-Nouvelle Calédonie. Son caractère unique et exceptionnel tient à 4 raisons politiques :

- Il est le 1er auquel nous allons participer sous la bannière du mot d’ordre de l’indépendance. Celui de 1958 s’est passé sous l’ère de l’autonomie. Celui de 1987 s’est passé sous le dictat du corps électoral général et nous l’avons boycotté.

- Il est le 1er dans l’histoire de la décolonisation française qui se déroule dans la continuité d’un processus pacifique de décolonisation défini et décidé avec l’Etat colonisateur sous l’impulsion des indépendantistes. La NC s’y prépare depuis 30 ans à son avènement, une génération.

- Il est le 1er qui se tient dans un contexte statutaire de quasi-souveraineté puisqu’il porte strictement sur des éléments de souveraineté précis : voulons nous exercer les compétences régaliennes, transformer notre citoyenneté dans une nationalité, et accéder à un statut international ?

- Il est le 1er à se dérouler sous l’œil actif de l’ONU depuis 1986 année d’inscription de la NC sur la liste des pays à décoloniser. La mission de l’ONU participe à superviser la préparation de la liste électorale et à contrôler le déroulement du scrutin.

1. Quels enseignements politiques depuis 2017.

Sur le débat politique sur l’indépendance.

- Le référendum est censé ouvrir l’avenir par ce que chaque projet offre comme perspective politique durable pour le pays. RIEN dans ce que nous avons entendu jusqu’aujourd’hui comme esquisse de projet chez les loyalistes ne répond favorablement à cette question.

- L’esprit et la lettre de l’ADN et son aboutissement à partir de 2018 devait être garantis par un engagement fort des partenaires, par un dialogue permanent et constructif, par des solutions innovantes. Or on constate sur beaucoup de sujet, que la droite sans cesse essayer de dévoyer l’ADN pour des raisons politiciennes.

- Beaucoup parle d’une campagne « projet contre projet ». Mais, il n’y a rien de nouveau chez les loyalistes face au projet de construction d’un Etat porté par le FLNKS et qui est rendu public. Alors que la droite clamait qu’il n’y avait pas de projet, le moins qu’on puisse dire c’est qu’il existe noir sur blanc. Alors que certains disaient qu’il est kanako-Kanak, il n’est pas fermé, au contraire il fait appel à l’adhésion de tous dans le cadre d’un processus de transition qui sollicite la participation de tous à l’élaboration de la constitution.

La campagne débute à peine que la droite a affiché ses objectifs.
- Pierre Frogier et Philippe Gomes veulent « Purger, faire le deuil ou immoler » le projet d’indépendance et le combat des indépendantistes pour la liberté et la dignité. Pourtant, l’histoire que la TV d’Etat montre tous les jours rappelle que : L’élimination par la répression et le cantonnement au début de la colonisation, l’assujettissement par le système de l’indigénat jusqu’en 1946, la dilution par l’immigration massive de Messmer à partir de 1970, l’assimilation et l’acculturation par le développement économique, n’auront pas suffi à éteindre cette soif de liberté et d’indépendance.

- Les LRC de S. BACKES et P. BLAISE usent de thèses populistes dans les comparaisons condescendantes avec les pays frères. Mais à ce qu’on sache la France a lâché le Vanuatu. En réalité ils font diversion pour cacher l’absence de projet sauf celui de maintenir leurs privilèges sur le dos de la France et des Français.

- Ils voulaient que l’Etat se prononce pour le maintien au sein de la RF. L’Etat par le Président de la RF vient lors de sa visite de décliner pour la première fois dans l’histoire récente du pays la vision des intérêts géopolitique que la France poursuit dans la grande région Indopacifique. Et, malgré l’insistance des loyalistes et de certains parlementaires il s’est gardé de prendre parti pour le OUI ou le NON.

Cette bataille va être intéressante et décisive. Elle va clarifier plusieurs choses.
- Elle va révéler quel est le degré d’attachement envers le pays de beaucoup. Beaucoup défendent le maintien au sein de la RF pour ne pas réformer le pays, et continuer à capitaliser et profiter des retombées de la politique de rééquilibrage initiée par la lutte pour l’indépendance.
- On va voir que sont devenus ceux qui ont appelé à voter en faveur de Marine LEPEN aux dernières élections présidentielles contre E. MACRON qu’ils adulent aujourd’hui.

Sur les discussions sur l’avenir.

Le congrès prendra position sur le résultat des discussions au sein du groupe « G10 » mis en place par le 1er Ministre. Sur ce point, nous nous interrogeons sur nos interlocuteurs loyalistes, leur crédibilité, leur légitimité pour discuter de l’avenir, au-delà du référendum de 2018 et enfin, leur capacité à sortir de la rhétorique.

Les responsables indépendantistes ne peuvent être les seuls à devoir faire des efforts (comme c’est le cas depuis 1970) pour sortir ensemble le pays de l’impasse institutionnelle. En effet,

- Il ne suffit plus de dire que la règle majoritaire ne résoudra pas l’équation politique née dans les années 70 tout en refusant de discuter au fond. Il faut admettre qu’il faut des compromis pour avancer.

- Il ne suffira pas de dire qu’on respecte la conviction indépendantiste et la renvoyer à plus tard l’avènement de ce projet, en espérant qu’il s’évanouisse, alors qu’il structure la vie politique du pays depuis 1970.

- Enfin, on peut se demander pourquoi les indépendantistes accepteraient de discuter après le référendum avec des responsables loyalistes qui ont neutralisé les discussions alors même qu’elles étaient proposées par le 1er Ministre (sur l’article 27, l’ADRAF, les compétences régaliennes etc.) avant le référendum.

2. Beaucoup prédise une victoire massive du NON à la pleine souveraineté et à l’indépendance.

Le congrès extraordinaire va mesurer le degré de mobilisation et la force de l’organisation de la campagne pour faire gagner le OUI au référendum. A 5 mois, nous affirmons que la victoire du OUI est possible. Pourquoi ?

• Parce qu’Il n’y a aujourd’hui qu’un seul projet pour l’avenir.

- C’est celui d’une indépendance en partenariat avec la France car il permet de répondre aux préoccupations des gens. Ce projet ne rebute pas la population mais nécessite une explication sur la feuille de route et notamment l’intérêt et les enjeux de la phase de transition 2018-2022.
- Le projet de maintien au sein de la RF c’est celui qui existe déjà. Il a un horizon, il est valable jusqu’en 2022. Quelques soit les variantes il propose le statu quo

• Le rapport de force électoral des dernières provinciales montre que :

- L’électorat indépendantiste représente 41 % et les NI 59 % soit environ 18 000 électeurs (11 % du corps électoral). Mais avec un Taux d’abstention de 32 % (environ 47 000 personnes) la marge de progression est importante surtout dans l’électorat indépendantiste.
- L’électorat indépendantiste est majoritaire sur tout le territoire hors Grand Nouméa : 74 % des suffrages exprimés contre 26 % NI avec un taux de participation de 67 %. On constate que le taux de participation est hors grand Nouméa dans son ensemble d’environ 67 %. Mais, environ 33 % d’abstentions (23 000 personnes).
- L’électorat indépendantiste est minoritaire dans le Grand Nouméa : 14 % contre 84 % NI avec un taux de participation de 72 %. Mais environ 27,3 % d’abstentions (22 000 personnes)

Le congrès extraordinaire va faire le point sur la stratégie de campagne pour animer ces 5 mois de campagne avec le FLNKS.
Le PALIKA affirme que le OUI au référendum est une étape nécessaire pour l’avenir. Il sera porté haut et fort. Il a besoin de la mobilisation de tous. Du peuple Kanak, le peuple colonisé. De tous les autres citoyens calédoniens qui ont décidé de faire de ce pays le leur.
De plus, le mouvement indépendantiste est la force politique novatrice et réformatrice qui fait bouger le pays depuis les années 1980.
Il dispose de leviers innombrables pour peu qu’il arrive à les mobiliser : les artistes, les associations culturelles, les jeunes, les organisations de femmes etc.
Il a à son actif des réalisations dans le social, le politique (le statut de l’Accord De Nouméa), économiques (l’Usine du Nord et le rééquilibrage), dans la gestion des institutions.

Le OUI est par conséquent pour le PALIKA le vote d’avenir.

Bureau Politique du PALIKA

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